L'informatique à Hollywood
(Ou comment l'on montre les ordinateurs au cinéma)

Ca fait une heure  que  Jack essaie de rentrer un mot de passe sur le terminal de Cindy. Il est 11:00 PM et les bureaux de la CIA sont vides.
Jack tape sans relâche. Il a essayé les noms des 150 précédents petits amis de Cindy et l'ordinateur lui a répondu inlassablement 'ACCESS DENIED" en ARIAL 72 rouge clignotant sur fond vert.
Heureusement il ne se faisait jamais déloguer. Dans la salle d'à coté, l'unité centrale clignotte de mille lampes (j'ai bien dit "lampes", et non pas "diodes") à en faire baver un marchand de sapins de Noël. Dans l'immeuble d'en face, une scène de ménage éclate. Une femme se met à hurler: "T'avais qu'à pas bouffer de la gelée de bananes ce matin !". Jack s'écrase la paume de la main sur le front: "MAIS BIEN SUR !". Il faut savoir que le chat de la cousine par alliance de Cindy adore les bananes (on le sait parce qu'ils en ont parlé au début du film). Il tape sur 3 touches dont "ENTER". On peut voir "ANANAB" qui se reflète sur son visage car la caméra placée face à l'acteur ne peut pas montrer l'écran en même temps. Et soudain bingo ! Le fameux "ACCESS GRANTED" apparait (Anal 90) vert sur fond jaune pendant l seconde.
Puis l'écran se met à vomir un dump hexadécimal dont voici l'un des extraits les plus importants pour la suite de l'histoire:
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54 FE 45 OA 1E 89 OE A7 43 71 6E
09 SE 2B BA 43 A9 32 09 7E
AE E6 18 8F FF 4A B7 CB 54 6A 00 
57 A4 E5 76 A2 08 OE 4B 7D 76
89 EE IA 73 9B D1 45 A2 7B 1A OB
Jack regarde les chiffres défiler en tapant des choses qui n'aparaissent pas à l'écran.
Il s'exclame: "CA Y EST ON TIENT LE COUPABLE !" Jack appuie sur la touche "ESC", et la photo de Pablo Dos-Merguez apparaît en noir et blanc.
Il tape encore "ERABDOKSSXCFA" (je me suis passé la scène image par image pour savoir ce qu'il tapait exactement) et une imprimante matricielle (IBM 5201) située à l'autre bout du bureau se met à crépiter, sans inquiéter les détecteurs anti-bruit du bureau.

30 minutes plus tard, il emporte la photo imprimée avec 3 lignes de texte correspondant à la situation familiale du mafieux: Nombre d'enfants, mention au brevet et diamètre des testicules.

Jack rentre chez lui comme une fusée. Par bonheur sa fille et sa femme assistent à un concert de hard rock en faveur des morts nécessiteux. Sur le plan de travail de la cuisine, son ordinateur personnel arbore un magnifique "e" (Times 564) qui tourne en 3D parfaitement fluide.

Jack tape "RJYUGIUYTFDUYT" et l'écran affiche une superbe enveloppe (timbrée au tarif en vigueur s'il vous plaît) qui vient en virevoltant des profondeurs électroniques de la machine.
En tapant "YITDJHGVCKHJG", Jack provoque l'ouverture du courrier et la lettre, pliée en trois sort. Il faut taper "UIYKUGVKJHGKJHG KUYF" pour la déplier, ce que Jack fait promptement.

Le message, qui émane de son vieil oncle Sagamore (celui qui vit en ermite au Tibet), indique que Pablo Dos-Merguez a été repéré par un satellite météo Néo-zélandais et qu'il faut taper "UYGEUOYGSJWLH" pour voir la scène.
Comme Jack est un virtuose du clavier, il tape la commande et la carte météo apparaît avec son lot d'anticyclones et de coefficients de marées.

Comme nous sommes dans un film moderne, l'ordinateur de Jack est équipé d'une souris (sisi!) dont Jack s'empare, et défait les noeuds qu'il y a au fil (pas si moderne que ça, ils n'ont pas de souris à infrarouges) d'une rotation auguste du poignet. Jack avait été vainqueur d'un concours de lancer léger dans sa jeunesse (j'ai l'air de m'égarer, mais ils en ont parlé aussi au début du film).
Jack sélectionne une partie de l'écran et clique sur "ZOOM", qui de toutes façons est le seul et unique bouton présent. En 5 zooms, il finit par traverser les nuages et à grossir l'image à tel point que l'ont voit une voiture rouge se rapprocher. Dans le rétroviseur on peut apercevoir l'Arc de Triomphe.
(Cliquez sur cette image pour avoir un agrandissement, d'ici on ne voit pas bien le rétroviseur)
 
Jack se dit que le réseau d'olives vertes frelatées passe par la France et se rue comme un seul homme dans sa voiture. Il massacre le parterre de jonquilles et arrive à l'aéroport où il demande à l'hôtesse un billet pour Paris. celle-ci tape approximativement "UKYGKUYFKJYUTFLM       ?" (il me manque la fin, parce que quelqu'un passe devant le champ de la caméra à ce moment) puis lui tend un billet pour Buenos-Aires. Personne n'a vu que le terminal de l'hôtesse lui affichait "ACCESS DENIED" puisque la scène a été finalement coupée au montage, mais comme je suis un vrai cinéphile je suis au courant de ca.
Arrivé à destination, Jack cherche un terminal pour localiser l'Arc de Triomphe. Il finit par en trouver un dans le placard à balais, sous une serpillière. Comme il ne sait pas où le brancher, il attrape un gamin qui passait pas là qui lui dit que c'est un "ZXPR-65" et qu'il faut le protocole "KRZ-Beta", mais que ça ne lui pose pas de problèmes. il le branche sur le plafonnier et tape "OIJLKHVHGJD". Le terminal lui répond "ACCESS DENIED" comme il se doit.
Jack envoie le gamin lui acheter Paris-turf (à Buenos-Aires, il est tranquille pour un moment) et tape "OIJLKHVHGJB" (notez le "B" à la fin) et le terminal lui répond imperturbable "ACCESS DENIED".C'est en se souvenant qu'il y a trente ans, sa chienne colley lui avait ramené une saucisse que Jack s'illumine.
Pendant que de la main gauche il tape "JJHGVKJHGJY", il s'écrase la paume de la main droite sur le front en hurlant "ouaiiiis". La femme de ménage qui passait par là le voit gueuler devant son écran et pense que le Brésil vient de marquer un but.
Le terminal lui affiche "ACCESS GRANTED" (System 9, ce n'est qu'un bête terminal) et vomît sa bile hexadécimale.
Jack sort de son cagibi et se dirige vers un touriste qui tient à la main "Le Virus Informatique". Il lui met la main sur l'épaule et lui dit "Pablo Dos-Merguez, je vous arrête".

Dans le cagibi, I'écran toujours branché affiche "TIMEOUT".


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